Lumière sur...
Le « burn-out »
25 février 2016
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À l’heure où en occident nous débattons sur la catégorisation en maladie ou pas du célèbre "burn-out", afin d’obtenir une réglementation permettant à l’Assurance Maladie de prendre en charge les personnes atteintes (et de "rembourser le manque-à-gagner produit" !) de ce nouveau mal du siècle, comment interprète-t-on cette pseudo-pathologie en termes de Médecine Traditionnelle Chinoise ?

On pourrait traduire littéralement le terme "burn-out" par "consomption" ou par "combustion à l’extrême des ressources énergétiques", en somme, ce qui convient parfaitement à la terminologie naturaliste de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Le monde du travail d’aujourd’hui s’uniformise de partout sur la Terre et s’impose comme le facteur majeur de croissance des états et s’habille en plus de la double fonction humaniste du "développement personnel"… On sait bien pourtant que malgré le caractère indispensable et honorifique qu’apporte du travail, le premier annihile bien souvent le second ! Le travail devrait être un moyen pour l’homme, alors que malheureusement l’homme devient un moyen pour le travail… C’est discutable, nous serons toujours tous divisés sur cette question qui a d’ailleurs suscité pas mal d’intérêt lors du bac de philosophie de 2013 : "Le travail est-il pour l'homme un obstacle à la liberté ?". Ceci étant, les faits nous montrent que de plus en plus de personnes s’épuisent non seulement au travail, mais aussi et surtout dans la cumulation de leur travail et de leur vie sociale et familiale, le tout formant un conglomérat ingérable pour les petits humains que nous sommes : Il nous manque quelques bras et un plus gros moteur !
La Médecine Traditionnelle Chinoise connaît bien ce syndrome classique d’épuisement. Les épuisements se classent en catégories qui vont de la simple fatigue à l’effondrement d’une personne. Notre monde produit depuis toujours des gens qui meurent de la fatigue emportés par l’arrêt du cœur, comme un moteur qui s’éteint car vide de carburant : Le corps se vide de son énergie, les organes s’affaiblissent, le sang ne circule plus correctement dans les vaisseaux, les chairs et les muscles fondent, à l’extrême, le collapsus n’est pas loin…
C’est donc le facteur "Qi " qui est prépondérant dans l’amorçage de ce genre de pathologie, aussi on comprend bien pourquoi la médecine occidentale se perd en conjecture dès qu’il faut trouver la cause de cette fausse nouvelle maladie ! Sans considérer que notre corps fabrique du "Qi", et que ce "Qi" est nécessaire à en produire du nouveau, harmonieusement, en équilibre avec l’environnement, comment définir mécaniquement les cause de ce mal ? Chercher un nouveau responsable pathogène fera de nouveau perdre du temps et de l’argent aux chercheurs et en gagner aux labos qui ne manqueront pas de sortir rapidement un nouveau médicament "anti-burn-out" !

"On met des machines à café dans les entreprises pour la pause, mais c’est des hamacs qu’il faut en réalité !" explique Patrick Shan dans une conférence sur l’épuisement.

La médecine Traditionnelle Chinoise considère donc cette pathologie comme la simple évolution/transition d’une fatigue naturelle qui devient chronique par l’incapacité de produire plus d’énergie qu’on en dépense. Une équation des plus simples qui permet de comprendre facilement que de bosser 10 heures par jours, passer 2 ou 3 heures pour s’y rendre et de ne dormir que 7 ou 8 heures par nuit (sans compter les autres activités nécessaires à la vie quotidienne, comme de recharger le frigo !) ne permet à aucun organisme humain de recharger ses batteries. Le corps va donc puiser lentement mais sûrement dans les réserves et le travail de consomption/combustion commence. C’est insidieux car les réserves du corps c'est le Yin : c’est comme du minerai que l’on trouverait à profusion dans la Terre. Et ne commence-t-on pas à voir nos réserves mondiales s’épuiser en certains matériaux ? Nous sommes comme la Terre, limités et corruptibles. Notre véhicule corporel mérite-t-il ce genre de traitement dégradant alors que la garantie constructeur est de 120 ans ?!!

Mais alors ne devrions-nous pas être tous maigres d’épuisement par cette société ? Plats comme des vieux tubes de dentifrice ?!! Alors que l’inverse semble se produire dans les pays industrialisés au fort taux de croissance ?
Les comportements alimentaires se calquent sur la croissance étatique ou personnelle et en chine depuis longtemps (comme ailleurs certainement) on dit que les personnes en surpoids sont "riches" ! (comme on le disait autrefois chez nous d’un aliment gras !). Car compenser les efforts avec de la "mal-bouffe" (ou de la "trop-bouffe" !) correspond à prendre le minerai ou produit énergétique le plus abondant sur Terre et de l’exploiter à outrance… Tiens tiens… Le pétrole ? Le gaz ? Cette surexploitation et ce gavage nous permet de camoufler cette fonte en fabricant de nombreux objets magnifiques et éblouissants !! En retour, les problèmes environnementaux, la pollution de l’Air et de la Terre (le Grand-père et la Grand-mère comme dirait Patrick Shan 😉 !), la disparition collatérale d’espèces animales et végétales entières nous démontrent que cette pratique, bien qu’invisible à l’œil nus, finit par accélérer la consomption du monde.

Cette analogie ne convient-elle pas, à elle seule, pour démontrer simplement la réalité ? Bref, la Médecine Traditionnelle Chinoise aidera les personnes en les tonifiants, et en les nourrissants de pharmacopées qui reconstituent le Qi, le sang, les liquides (le carburant) et remettent en circulation (le carburateur), mais le véritable principe de traitement repose sur notre comportement  face à ce qui nous consume, comme on retirerait sa main du feu en disant "aïe" quand ça brûle… Mais ce n’est pas si simple, car un travailleur acharné cuit à feu doux, et seule sa prise de conscience sur l’équilibrage de ses recettes/dépenses énergétiques lui permettra de s’en remettre et en plus, d’être en harmonie dans sa vie ! Il existera aussi toujours des "joyeux laboureurs", qui ne viendront se plaindre à 80 ans que s’ils n’arrivent plus à charruer 10 hectares à l’araire !! Sinon pour les autres, il existe cette adage, légèrement transformé par mes soins : "Travailler moins pour gagner + de vie !!" Mais là, c’est vous qui voyez !!